Matthew déambulait lentement dans la rue principale de la ville de Cithri au pied de la citadelle qui surplombait celle-ci. Comme souvent à cette époque de l'année il y régnait un chaleur importante ce qui ne le gênait pas outre mesure bien que dissimulé dans sa grande cape rouge élimée ayant passé beaucoup de temps en lisière du désert du Hadarac pendant son enfance. Par contre il avait toujours autant de mal à supporter la poussière soulevé par les centaines de badauds qui se pressait le long des étals multicolore ainsi que l'odeur forte laissé par les excréments des diverses montures sous l'effet du soleil.
Heureusement il ne comptait pas s'attarder trop dans cette ville, il avait été obligé d'y faire halte pour renouveler ses fournitures et en profiter pour revendre quelques possessions acquises pendant ses pérégrinations. Matthew trouvait les gens relativement détendus malgré la menace toujours présente à l'esprit de l'Empire guère distant de la cité et qu'il ne connaissait que trop bien pour se faire des illusions sur les motivations de celui-ci.
Il commença à intéresser plus précisément aux échoppes qui pouvait lui fournir quelque chose d'utile et commença par le secteur dédié aux armes, en effet il avait besoin de renouveler son stock de carreaux car il ne lui en restait que cinq ce qui était vraiment très peu. Il eut du mal à trouver ceux qu'il voulaient, les autres étant généralement de mauvaise qualité alors qu'il n'utilisait que les meilleurs capables de perforer aussi bien les os que les plates avec leur tête en forme de diamant d'acier. Malgré un âpre marchandage celles-ci lui coutèrent les yeux de la tête ce qui mis ses maigres finances à mal et il dut se contenter de n'en prendre que vingt. Comprenant qu'il n'avait pas assez de monnaie pour finir ses emplettes il s'arrêta dans une boutique sombre et fraiche tenue pas un préteur sur gage auquel il abandonna quelques bricoles récupérées en chemin : quelques babioles en cuivre, deux couteaux ouvragés et deux livres.
Une fois ressorti de la boutique en ayant plus que le sentiment de s'être fait escroquer il se dirigea vers les étals vendant de la nourriture car il en avait légèrement assez de se serrer la ceinture et il avait bien compris que même si il économisait il n'aurait pas assez pour se procurer la monture qu'il aimerait tant avoir. Il passa devant un étal de boucher qui lui donna plus envie de vomir que de manger, la viande était moitié noircie et certaines pièces semblaient dissimuler des asticots ce qui le poussa à prendre la sage résolution de continuer à abattre lui même sa viande quitte à y passer du temps. Il acheta par contre des fruit séchés, du pain et gros fromage. Une fois ces affaires tassée dans son sac il décida de profiter d'un repas chaud tant qu'il en avais encore les moyens et se mit à la recherche d'une auberge à l'aspect accueillant et pas un bouge comme il en croisait trop souvent.
Il finit par en trouver près de la porte est de la ville et l'aubergiste aimable lui servit un succulent morceaux de rôti agrémentés de quelques légumes : cela faisait quelques temps que Matthew n'avait pas été à pareille fête. L'homme tenta bien de discuter un peu avec lui comme tout bon commerçant mais il laissa vite tomber devant les réponses courtes et laconique que Matt laissait échapper comme à son habitude par souci de discrétion. Matt profita du repas soulagé qu'il était d'avoir enfin réussi à quitter sa terre natale, il décida de rester en ville jusqu'au lendemain et pour cela loua une chambre qui bien que minuscule était propre et c'est tout ce qui importait à ses yeux.
Il passa le reste de la journée à visiter la ville en inspectant notamment les défenses : un vieux réflexe d'officier et il les trouvaient correctes bien que certains signes de vétusté était visible grâce à sa formation. Il se rendit ensuite à la citadelle pour en visiter les somptueux monuments et admirer la vue magnifique que l'altitude donnait sur toute la plaine environnante. Il resta là jusqu'à ce que la soleil rasant vint rougeoyer sur l'horizon donna une magnifique teinte orangée aux magnifiques bâtiments de pierre blanche de la cité.
Il finit donc par rentrer à l'auberge où il dilapida encore de précieuse pièce pour prendre un bain fort bienvenu après avoir grignoté des restes du repas précèdent à moindre frais. Il évita soigneusement toute incitation à la boisson souhaitant garder les contrôle de lui-même à tout moment en ces lieux qui bien que paisible n'en dissimulaient peut-être pas moins une menace pour lui. Il monta rapidement se coucher et il s'endormit rapidement la main crispée sur une de ses dagues malgré le brouhaha montant de la salle commune.
Il se réveilla à l'aube frais et disponible le lendemain matin, il avait passé une bonne nuit sans cauchemars ce qui était une bonne chose. Il emballa rapidement ses maigres possessions et pris la route le plus vite possible en remerciant l'aubergiste au passage. Il se dirigea vers la porte Sud de la ville puisqu'il comptai se rendre à Aberon. Il s'enquit auprès des gardes de la situations dans ce secteur au moment de franchir la barbacane protégeant cette entrée. Ils l'informèrent que le secteur de la foret entre les deux villes était actuellement la proie à une bande que pillards qui échappaient pour l'instant aux efforts des maigres milices locales, il lui conseilla d'éviter ce secteur si possible d'autant plus qu'il était seul. Mais Matthew opina de la tête bien décidé à ne rien en faire , ce n'est pas une bande de bandit dépenaillés qui allaient l'arrêter....
Il marcha la plus grande partie de la journée sur un route qui avait de moins en moins de poussière au fur et à mesure qu'il s'approchait de la forêt maintenant toute proche. Il était désolé en voyant les maigres récoltes des paysans locaux flétrir sous la pression implacable de l'astre céleste et les bêtes faméliques chercher désespérément un peu d'herbe pour paitre. Il poussa un soupir de soulagement en atteignant les frondaisons où il régnait un certaines fraicheur et il tomba rapidement sur un petit ruisseau ou il put boire une eau plus claire que l'insipide eau chaude qui remplissait sa gourde.
Voyant que la journée touchait à sa fin il prit son arbalète et laissant ses affaire dissimulés sous un arbre parti à la recherche de son repas du soir qui se trouva être une magnifique perdrix qu'il fit dorer soigneusement au dessus du feu ce qui lui permis de ne pas toucher à ses provisions et c'est repu qu'il s'endormit dans un recoin sombre qu'il avait aménagé et dissimulé comme il commençait à si bien savoir le faire avec l'expérience de l'errance permanente.
Une fois le jour levé il décida de voyager à l'écart de la grande route pour éviter toute rencontre aussi bien amicale que désagréable comme les pillards annoncés par les gardes. Il se fondit rapidement au milieu des buissons n'émettant guère de bruit ayant appris à mettre ses pieds où il fallait pour cela et ne ralentissant guère par rapport à un marcheur normal qui suivrait la route. Il se mouvait avec une telle aisance dans la foret qu'on aurait presque put le confondre avec un elfe habitué à y vivre.
Il déjeuna des restes de la perdrix accompagnés d'un peu de fromage au pied d'une petite cascade limpide où un arc en ciel se formait grâce à une troué crée par la chute d'un vieux chêne foudroyé. Il se remit bientôt en route après avoir profité de la cascade pour faire un brin de toilette et poursuivit son implacable progression dans le doux bruit de fond des divers bruit liés à la foret : un pivert qui essaye de faire son trou, les bruit de la brise dans les hautes branches des hêtres et des chênes, les bruit de course affolé de quelques lièvre et autre renard dérangé par sa présence et même quelques grognements de sangliers visiblement en plein sommeil.
Il commençait à ressentir une certaine lassitude à l'approche du soir, ces jambes commençaient à se raidir. Il songeait à s'arrêter pour la nuit lorsqu'un hurlement retentit au loin : un cri de femme. Matt ne pouvait pas rester là à rien faire son éducation l'obligeait à aller se rendre compte de ce qui se passait...Faisait fi de ses jambes meurtries il se mis à courir prudemment en direction de la voix, il prenait toutefois garde de ne pas se tordre une cheville sur ce sol traitre et pris la précaution d'armer son arbalète et de la prendre en main. En avançant il vit que la luminosité augmentait devant lui ce qui dénotait la présence d'un grande clairière, il ralentit et se cacha dans un buisson de buis à l'orée du bois observant ce qu'il se passait dans la clairière.
Un village de bucheron et de trappeur se tenait près d'une rivière d'un certain importance, il chercha les habitants des yeux et s'aperçut qu'il étaient groupés à l'opposé sous la menace de deux brigands pendant qu'un troisième sortait des possessions des maisons.
* Quelle bande de fumiers ceux là , menacer les femmes et les enfants pour que les hommes se tiennent tranquilles...*. Il se rapprocha lentement en restant à couvert de manière à se trouver suffisamment près pour abattre le bandit qui tenait un arc, mais il n'arrivait pas à entendre ce que ceux-ci disaient à cause du vent qui allait en sens opposé.
Soudain un homme du village qui s'était dissimulé dans un maison tenta d'agresser l'homme en train de piller à l'aide d'un vieille épée mais celui à l'arc fut plus vif et l'abattit froidement d'une flèche en pleine poitrine et le pauvre villageois bascula au sol sans un bruit. Un remous agita le groupe de villageois mis la menace d'une nouvelle flèche eu tôt fait de ramener le calme. Matthew n'y tint plus et épaula son arbalète se concentrant afin de ne pas manquer sa cible à une telle distance ce qui serait fatal aux pauvres bougres.
Il était confiant et il bloqua sa respiration avant de presser la détente et le carreau partit se ficher dans le cou de l'archer mais cela Matt ne le vit qu'après car sûr de son coup il était déjà en train de sortir un nouveau carreau et de réarmer sa machine en tendant le câble à l'aide de son bras. Déjà les deux complices avaient dégainé leur épée et se ruaient à l'assaut de Matt qu'ils avaient immédiatement repéré. Alors qu'ils était tout proches de lui il lâcha son second trait qui faucha l'homme de gauche et tout en fluidité il jeta l'arbalète de côté et plongea sous la coup d'épée visant à le décapiter tout en dégainant sa fidèle rapière. Il fit face à la brute haletante et le laissa se fatiguer en assaut inutiles et brouillons se contentant d'effectuer quelques parades fuyantes pour ne pas abimer sa lame incapable de bloquer totalement une épée conventionnelle. Soudain avisant un ouverture il transperça la main du pillard ce qui eu pour effet de lui faire lâcher son arme et s'est incrédule qu'il lui enfonça la lame dans le crane l'étendant pour le compte.
Il alla récupérer son arbalète encore légèrement haletant pendant que les villageois s'approchaient craintivement de lui. Voyant qu'il rangeait ses armes ceux-ci s'approchèrent pour le remercier et lui proposèrent de passer la nuit chez eux afin de lui prouver leur gratitude : en effet il s'avérait que ce village était régulièrement racketté par la bande de brigand local. Matthew se demanda si ces gens réalisaient qu'il risquaient de se venger sur eux mais il préféra ne rien dire et de profiter d'un soirée qui s'annonçait ma fois fort agréable.